À l'origine, le lycée Djignabo était le seul établissement secondaire doté d'un internat à Ziguinchor, accueillant les candidats au Baccalauréat sur la base d'une sélection rigoureuse. Les élèves ayant un niveau scolaire insuffisant étaient laissés en rade, la majeure partie appartenant à des couches sociales défavorisées issues du milieu rural. La question de leur réussite scolaire devenait préoccupante : comment leur offrir un environnement éducatif sain, porteur de perspectives d'avenir ?

C'est fort de ce constat qu'au terme de ses tournées pastorales, Monseigneur Augustin Sagna, évêque émérite de Ziguinchor, en grand visionnaire, effectua un voyage au Canada pour rencontrer son ami Mgr Sanchagrin, évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe au Québec, et lui demander de mettre à sa disposition une équipe d'éducateurs chevronnés. L'objectif : créer un collège offrant toutes les chances d'étude et de réussite au Bac aux jeunes de familles déshéritées.

C'est ainsi qu'en plus des religieuses de Sainte Marthe basées à Djifanghor et au Séminaire Saint-Louis, deux prêtres diocésains furent envoyés pour ouvrir le séminaire délocalisé de Carabane à Ziguinchor, ainsi qu'une communauté de Pères Jésuites, spécialistes en éducation mondialement connus, ayant à leur tête le Père Charles Dubé, chargé de démarrer le second cycle — placé sous la protection de Saint Charles Lwanga et de ses compagnons martyrs.

1970 — La première rentrée

La première rentrée se fit le 12 octobre 1970, à l'actuelle Maison des œuvres, le temps de construire le collège. C'est seulement en 1972 que les élèves rejoindront leurs nouveaux locaux ; la même année, le génie militaire de Bignona livrera le terrain de foot, autrefois gagné par la forêt.

Cette période fut particulièrement éprouvante : le Père Dubé, contraint de rentrer au Canada pour raisons de santé, sera remplacé par l'Abbé François Diandy en intérim jusqu'en 1973, année où le Père Adrien Léonard prendra la succession. Une équipe de six Jésuites arrivera alors, portant le collège à 16 permanents (13 religieux et 3 laïcs coopérants).

Un haut lieu de dialogue et d'excellence

D'année en année, la direction affinera son organisation interne et le collège s'imposera comme un établissement d'excellence, un haut lieu d'éducation et du dialogue islamo-chrétien, gage de paix pour toute la Casamance. En 1977, le retrait des séminaristes de Notre-Dame, piliers du collège, porte un coup dur au moral de la communauté éducative. Malgré tout, Charles Lwanga reste fidèle à ses excellents résultats, se maintenant au premier rang du classement régional des meilleurs lycées.

1983 — Le passage au clergé diocésain

En 1983, les Jésuites passent le témoin au clergé diocésain, avec comme directeur l'Abbé François Diandy, professeur de philosophie. Pendant six ans, il maintient le cap de l'excellence en inculquant à la jeunesse « l'esprit de Charles Lwanga », promu par les Jésuites sous l'inspiration de Mgr Augustin Sagna.

1984 – 2004 — Abbé Antoine Sambou

Professeur d'histoire et de géographie rentré de Toulouse, l'Abbé Antoine Sambou raffermit le collège en maintenant le cap de l'excellence et en redynamisant la vie scolaire (aumônerie, chorale, clubs, FOSCO, soirées dansantes, sorties du personnel). Il noue des partenariats avec des lycées français et la coopération française, donnant au collège un nouvel élan — notamment la construction de la nouvelle bibliothèque.

2004 – 2012 — Abbé Bernard Diatta

Après plusieurs années de collaboration avec l'Abbé Antoine, l'Abbé Bernard Diatta est nommé proviseur et poursuit son œuvre. Fort des partenariats noués, il dirige le collège avec fermeté : ouverture de la série G, inauguration de la salle informatique, lancement du projet de la cafétéria — tout en traversant les difficultés de la crise de la DIDEC et des grèves liées aux retards de salaires. Sous son mandat, Mgr Maixent Coly s'appuie sur le collège pour donner naissance à l'UCAO et au lycée technique et professionnel Saint-Éloi.

2012 – 2022 — Abbé Simon Pierre Diatta

Ancien élève, rentré des études de philosophie politique et éthique à l'Université Catholique de Lyon, l'Abbé Simon Pierre Diatta assume la direction avec détermination, malgré les désagréments de la crise du personnel et des retards de salaires. Il incarne « l'esprit de Charles Lwanga », attaché à la discipline et à l'excellence : mise en place de l'Association de la série G, redynamisation des partenariats (Figeac, cours Sainte-Marie de Hann), rénovation de l'établissement, achèvement de la cafétéria, prise en charge de cas sociaux par parrainage.

Sous sa direction, le collège offrira à toute l'académie une mention Très Bien — une première depuis 18 ans — et totalisera 75,33% de réussite au Bac, avant de continuer sa progression les années suivantes.

2022 — Le jubilé d'or

En 2022 est célébré le jubilé d'or du collège, après les festivités des 45 ans en 2015 : cinquante ans de travail soutenu, de sacrifices, de succès et de défis relevés au bénéfice des fils et filles du Diocèse et des Académies de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda. Un hommage vibrant a été rendu aux Pères canadiens, aux religieuses et coopérants, ainsi qu'à tous les directeurs et membres du personnel ayant consolidé la réputation de l'institution.

Depuis 2022 — Abbé Marcel Ombagho Kantoussan

Après cinq années d'études à Rome, en Lettres chrétiennes et classiques à l'Université Pontificale Salésienne, où il obtient la Licence Canonique, l'Abbé Marcel Ombagho Kantoussan rentre au pays en octobre 2020. Nommé adjoint au proviseur par Mgr Paul Abel Mamba, il collabore étroitement avec l'Abbé Simon Pierre Diatta et le censeur Arthur Diatta, avant d'être nommé proviseur en juillet 2022 par Mgr Fulgence Coly.

Dès octobre 2022, il poursuit l'œuvre de ses prédécesseurs. Le taux de réussite au Baccalauréat grimpe de 86,52% en 2022 à 88,07% en 2023, malgré l'indisponibilité pour maladie du censeur Arthur. En 2026, le collège enregistre un taux de réussite de 85,89% sur 156 candidats présentés, toutes séries confondues.

Charles Lwanga, c'est l'affaire de tous et la fierté de tous.

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